Chapitre VI : Mon Patron, Mon Patron

Le lendemain, comme si de rien n’était nous étions dans les couloirs de la réunion. Je fis mon travail convenablement. Tout se passa bien comme sur les roulettes. Par mon travail, le patron venait de séduire ses investisseurs à financer l’un des grands projets de son entreprise.

De retour à l’hôtel, on savoura cette victoire avec une bouteille de champagne puis la suite dans le lit. Le voyage sur Argentine renforça de plus la relation entre moi et mon patron. Nous étions inséparables. Je me demandais s’il vivait encore avec son épouse. Il était tous les soirs chez moi. Je savais tout sur lui : ses projets, ses affaires et même toutes ses coordonnées bancaires. J’avais déjà à mon si jeune âge construit trois splendides villas dans la ville d’Abidjan. Je restais fixée sur mes taches au sein de l’entreprise. Parfois pour camoufler les soupçons, le patron me grondait devant mes collègues. Dans son bureau, on en riait pour ensuite terminer par le sexe. Oui, tous les endroits étaient parfaits pour nous. Je me posais la question de savoir si je l’aimais autant que lui. Je ne savais pas si je sortais avec lui  pour les avantages dont il me gratifiait ou si j’avais toujours eu en moi cette attraction pour sa personne. Le patron m’avoua un de ces jours, que j’avais eu le contrat justement parce qu’il avait de l’attirance pour ma personne.  Je n’aurai jamais eu le poste si ses yeux ne s’étaient pas posés sur mon physique.

Ma relation avec le patron restait un secret partagé entre lui et moi. Aucun employé de l’entreprise ne pouvait l’imaginer. Comment pouvaient-ils le soupçonner si j’étais la collègue que le patron grondait aux yeux de tous ? La priorité était accordée au travail lorsque nous étions au sein de l’entreprise. À plusieurs reprises, j’avais pris la décision de faire part de ma liaison avec le patron à mon amie Jeannette. Je reportais de peur qu’elle réagit autrement ou de son jugement.
Un soir, pendant que je prenais mon dîner, aux alentours de vingt et une heure, une personne frappa à ma porte. Je ne recevais jamais de visite à cette heure de la nuit. Je me levai, me dirigeai vers la porte et jetai un coup dans le judas. J’ouvris immédiatement la porte lorsque je découvris  la silhouette de Jeannette.
– Jeannette, quelle surprise, lui dis-je toute heureuse.
– Bonsoir Marcelline, j’espère que je ne te dérange pas.
– Tu es chez toi s’il te plaît entre.
– Merci ! Au fait, j’étais de passage dans ta cité alors j’ai eu l’envie de te saluer.
– C’est gentil de ta part. En plus, tu tombes bien, j’étais à table. Installe-toi sur l’une des chaises, je pars prendre un autre couvert.
– Je suis chanceuse. Je mourrais de faim. Me dit-elle en caressant son ventre.
Je laissai Jeannette toute seule au salon et je me dirigeai dans ma cuisine.

Soudain, je me rendis compte que j’avais laissé quelques photos romantiques de moi et le patron sur la table. On les avait prises lors de notre visite à la Baie des milliardaires. Je les avais sorties de mon sac pour justement les mettre dans mon album photo à mon couché. Hélas, dans la précipitation, je n’avais pas eu le temps de les ranger avant la visite surprise de Jeannette.

Je revins au salon avec le couvert.  Jeannette avait pris place exactement sur la chaise en face du paquet en transparent qui contenait les photos. La situation était gênante. Je fis comme si de rien n’était. Je rangeai les photos et je posai son couvert. Lorsque Jeannette termina son plat, elle me regarda droit dans les yeux et me demanda.

– C’est sérieux ce que j’ai vu sur les photos là?
– Oui ma sœur. J’avais prévu te le dire.
– Tu te rends compte de la gravité de ton acte ? Et si sa femme l’apprenait ?
– Ce n’est pas moi qui l’ai appelé. Il est venu de lui-même. Je n’y suis pour rien. Crois-moi.
– Cela date de combien de temps ? Si cela n’est pas un indiscret.
– Depuis un certain temps, je ne me souviens plus. Mais notre idylle commença pendant notre séjour à Buenos Aires.
– Marcelline tu dois mettre fin à cette liaison, c’est trop risqué.
– Tu te fais du mauvais sang pour rien. Personne n’est au courant de notre relation. Tu es d’accord avec moi que si tu n’avais pas vu les photos jamais tu ne l’aurais imaginé. C’est vrai, je dois être prudente.
– Tu as pensé à moi ?
– C’est-à-dire ?
–  Je travaille grâce à l’intermédiaire de la femme de ton patron. Je suis ton amie. Imagine-toi un instant si quelqu’un lui met la puce à l’oreille. Tu penses qu’elle sera contente ? Je risque de payer aussi les conséquences de vos actes.
– Tranquillise toi, cela n’arrivera pas Jeannette. Ne te prends pas la tête. Mon patron et moi sommes majeurs.
– Fais très attention les femmes des hommes riches sont très dangereuses. Tu risques ta vie ou la rupture d’un couple sur ta conscience. Dis moi sincèrement tu l’aimes ?
– Je ne saurai te répondre. Il me comble financièrement, me satisfait sexuellement. Que demander de plus ?
– Je te parle d’amour, pas du matériel.
– Jeannette, je te remercie pour tes avertissements profitons de ta visite par une bonne bouteille de champagne. Surtout, n’aie pas peur. Je ne mettrai pas en péril ton travail.
– Si tu le dis néanmoins, je te conseillerai de mettre fin le plus tôt que possible à cette relation. Marcelline tu es une belle femme, tu peux te trouver un homme pour une vie de couple. Le temps où tu voudras te défaire de ta relation avec ton patron, tu auras gâché une partie de ta jeunesse. La décision finale te revient. À présent, apporte le champagne pour qu’on  le savoure.

Jeannette après la dernière goutte de champagne me faussa compagnie. Je restai une bonne partie de la nuit en méditation sur ces mots. Je me posai la question celle de savoir si j’étais réellement amoureuse de mon patron.

N’avais-je pas prise goût à une vie dont j’étais loin d’imaginer ?

J’éteignis la veilleuse près de mon lit et fermai les yeux pour un sommeil réparateur.

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